3 questions à …Thibaut de Saint Maurice, philosophe

Pour nourrir sa réflexion, Paris-Saclay 2025 a interrogé le philosophe et chroniqueur Thibaut de Saint Maurice sur sa conception d’une Exposition universelle et les enjeux qu’un tel événement représente, notamment sur le plan culturel.

Qu’évoque pour vous l’Exposition universelle ?

L’Exposition universelle c’est la vitrine du progrès humain. A cette occasion différentes nations peuvent se rencontrer, s’exposer les unes aux autres, apprendre à mieux se connaître pour s’inspirer les unes les autres. Certes cela n’efface pas les conflits entre les nations ou les luttes d’influence, mais cela permet « d’exposer l’universel » sur lequel tous les hommes peuvent se retrouver

Si l’Exposition universelle 2025 a lieu en France,  quel message doit-elle transmettre au monde ?

La France a été l’une des premières nations à porter la voix de l’universalité dans le monde. Les Droits proclamés en 1789 sont ceux de tous les hommes. L’exposition universelle de 2025 serait une belle occasion de renouer avec cette voix de l’universalisme en exposant ses réalisations sur le plan culturel, technologique et environnemental.

Selon vous quels seront les grands enjeux culturels d’une Exposition universelle ? OU Quelle vision de la culture la France peut-elle porter en 2025 ?

Deux enjeux principaux :  d’abord étendre le domaine de la culture et remettre ensuite du politique dans la culture. Le second intervenant comme la conséquence du premier. La culture est trop souvent réduite aujourd’hui à l’expression artistique et aux industries du divertissement. Le risque de cette réduction c’est la marchandisation de la culture par des intérêts industriels. L’Exposition universelle fait partie de ces événements qui permettent de rappeler que la culture ne se réduit pas au « culturel » et comprend en fait toutes les dimensions de la civilisation : les arts, les technologies, les avancées scientifiques… C’est du coup l’occasion de réaffirmer le rôle du politique dans le développement de cette culture, non pas pour l’instrumentaliser, mais pour en préserver l’exception, notamment par rapport aux logiques économiques.